Au début du XXe siècle, la chapelle, ses dépendances et ses terres appartiennent à la famille Chauxcouillon et cela depuis une période très ancienne. En effet, une pierre tombale, qui se trouve alors dans la chapelle, mentionne une épidémie de peste en 1588 avec la mention du nom de Chauxcouillon. Le 1er mai 1938, l'ensemble des terres et des bâtiments agricoles, biens propres d'Alexis Chauxcouillon sont vendus par adjudication, à l'exception de la chapelle et de la parcelle sur laquelle elle est implantée, en raison de la présence de sépultures de la famille Chauxcouillon. La seconde guerre mondiale ayant conduit à la dispersion de cette famille sur le territoire français, plus aucun travail d'entretien n'est mené sur la chapelle jusqu'en 1961, date à laquelle M. Bordes-Pages, petit fils d'Alexis Chauxcouillon, préoccupé par la dégradation de l'édifice, prend contact avec l'abbé Jacques Choux, Conservateur du Musée Lorrain, afin d'envisager de résoudre les problèmes que la chapelle de Libdeau risque de connaître par la suite. Ce dernier visite la chapelle et fait le 10 juillet 1961 la proposition suivante :

  « Pour les trois pierres tombales, nous les enlèverions toutes les trois mais en attendant d'avoir une place suffisante, nous ne présenterionsque celle     de 1588 qui évoque une épidémie de peste. Les deux autres seraient mises en réserve. Si l'enlèvement de ces dalles amènerait la découverte de restes humains, nous ferions le nécessaire pour leur assurer une place décente à déterminer si le cas se présente. Pour la sculpture de la porte, nous prendrions l'ensemble de la porte qui serait remontée dans une des galerie du musée. Le mur serait rebouché par nos soins, afin d'éviter tout affaissement des maçonneries et de ne causer aucun préjudice au bâtiment. »
A la suite de cette proposition, M. BORDES-PAGES recueille l'accord de ses co-indivisaires et les pierres sont enlevées courant de l'année 1962. La porte est remontée dans une galerie au rez-de-chaussée du Musée Historique Lorrain. Une plaque mentionne son origine et précise aux visiteurs qu'elle provient d'un don de la famille CHAUXCOUILLON : « Portail de la commanderie de Libdeau début du XIVe siècle. Don des héritiers BORDES-PAGES.»

En 1961 puis en 1968, deux projets de vente de la chapelle avortent. Par la suite, la chapelle et son état ne préoccupent plus beaucoup les esprits jusqu'en 1992, année où Pierre Simonin lui consacre un article dans la revue « Le pays lorrain » et le docteur Hachet un autre dans la revue « Les études touloises ». En 1995, la chapelle fait l'objet d'une inscription à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques :

Par arrêté n°95-SGAR 38 en date du 6 février 1995, Monsieur le Préfet
de la région Lorraine :
« ...Considérant que l'ancienne chapelle de la Commanderie de Libdeau, unique vestige de l'architecture templière en Lorraine à l'aube de la suppression de l'ordre, présente un intêrét public pour l'histoire et en raison de la qualité de son architecture :
ARRETE :
article 1er : Est inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques, en totalité y compris la parcelle de sol attenante, l'ancienne chapelle de la commanderie des templiers de Libdeau, située sur les parcelles 161 et 160, d'une contenance respectives de 1a 63ca et 13a 8ca, figurant au cadastre section E, lieu-dit Libdeau à Toul (Meurthe-et-Moselle) et appartenant à M. Jean BORDES-PAGES et copropriétaires, demeurant quai Bordes-Pagès à Seix (Ariège). Les intéressés en sont propriétaires par succession depuis une date antérieure au 1er janvier 1956;
article 2 : Le présent arrêté sera publié au bureau des hypothèques.
article 3 : Il sera notifié aux propriétaires intéressés qui seront responsables, chacun en ce qui le concerne de son exécution.» 

Cet arrêté a pour but de protéger la chapelle, c'est à dire que rien ne peut être matériellement entrepris sur cet immeuble, sans avoir préalablement été autorisé par les services administratifs qui traitent des monuments historiques. Ces services contrôlent par la suite l'exécution des travaux autorisés. Ces contraintes et le devoir de protéger l'édifice engendrent nécessairement pour les propriétaires des charges matérielles difficilement supportables pour eux. C'est pourquoi une cession du bien est envisagée dès lors comme une issue inévitable. En 1995, une première proposition d'acquisition est faite par un entrepreneur du bâtiment de la région de Pont-à-Mousson, Régis Maddalon, habitué à travailler pour les monuments historiques, donc bien informé des contraintes imposées. Malheureusement, un désaccord entre les co-indivisaires met un terme à ce projet. Enfin, en 2009, M. et Mme Philippe Frigério, originaire de Liverdun et connaissant bien l'histoire de cette chapelle, entreprennent la recherche des héritiers et se proposent de l'acquérir. Ils projettent un plan de restauration s'étalant sur une quinzaine d'années. Grâce au travail réalisé par Me Person, notaire à Toul, une partie des coindivisaires est retrouvée et donnent par écrit leur accord pour la réalisation de cette vente qui sera signée le 17 novembre 2012. Mais le sort s'acharne sur la chapelle, dont la toiture est déjà bien fragilisée par le manque d'entretien depuis 1938. En effet, l'hiver 2010-2011, particulièrement difficile et fourni en neige, finit par avoir raison d'une partie du pan sud de la toiture, qui s'effondre sur la première travée. Par miracle, les croisées d'ogive résistent mais désormais sans couverture, elles sont soumises à l'eau et au gel qui peuvent cette fois-ci entraîner la ruine complète d'une partie de la chapelle. Devant l'urgence à engager des travaux de sauvegarde et l'ampleur de leurs coûts difficilement assimilable par un simple particulier, M. Frigério suspend temporairement les démarches d'acquisition mais ne renonce pas à sauver Libdeau.

L'avarie de toiture de la chapelle en 2010 ne laisse pas indifférents les lorrains. Dès 2010, les blogs de messieurs Anthony KOENIG et Olivier PETIT se font l'écho de la situation périlleuse dans laquelle se trouve l'édifice et leurs articles suscitent un intérêt non négligeable. De nombreuses personnes s'alarment de la situation, se proposant même d'offrir leur services si un projet voit le jour.

Parmi elles, Bertrand SIFFERT met en place un blog exclusivement consacré au sujet afin de tenter de fédérer les initiatives. Intervenir sur la chapelle implique nécessairement que l'on en soit propriétaire. Or, l'expérience vécue à Libdeau montre bien les limites et les conséquences de la propriété privée sur un monument historique. Afin de restaurer et préserver le site dans le futur, il faut donc qu'il revienne soit à une collectivité locale, soit à un organisme dont la pérennité ne dépende pas de ses membres, c'est à dire une personne morale.

La chapelle se trouvant sur la commune de Toul, cette dernière aurait pu s'en rendre propriétaire mais, son imposant patrimoine historique déjà bien important pour le budget d'une ville de cette taille ne lui permet plus de prendre en charge les travaux indispensables. C'est pourquoi l'idée de la constitution d'une association fit son chemin au cour de l'été 2011. L'objectif de sa constitution est de se porter acquéreur en vue d'engager toute démarche pour la sauvegarde et la restauration de la chapelle de Libdeau et, parallèlement, de porter un projet culturel (spectacles, expositions, conférences) afin de faire vivre le site et d'en approfondir l'étude historique. C'est ainsi que Bertrand Siffert, Philippe et Pascale Frigério, déposent les statuts du Comité pour l'étude et la restauration de la chapelle templière de Libdeau qui sont signés le 17 septembre 2011 et enregistrés en préfecture de Meurthe-et-Moselle le 19 septembre 2011.

Tout projet visant à sauvegarder et restaurer un monument du patrimoine ne peut se réaliser qu'avec la participation financière de nombreux acteurs différents, dont il faut susciter l'intérêt.
C'est pourquoi l'association s'est lancée dans une campagne d'information à travers différents moyens de communication. En premier lieu, le blog consacré à la chapelle se veut le support d'information principal où sont régulièrement présentées toutes les démarches engagées. L'association est également présente sur les sites spécialisés dans la sauvegarde du patrimoine tels que le Comité d'Histoire Régional, affilié au Conseil Régional de Lorraine, la Fédération Patrimoine-Environnement et le réseau des Amis des Patrimoines de Lorraine. Nous intervenons également sur différents forums consacrés à la sauvegarde du patrimoine architectural comme ceux de France 3, de « Passion histoire » ou « Lorraine café » et au moyen d'un diaporama diffusé sur YOUTUBE, DAILYMOTION et WAT TV.
La presse écrite et télévisée est également sensibilisée. C'est ainsi que l'Est républicain, le Républicain lorrain, MAG54, la nouvelle revue lorraine et la revue Vieilles maisons françaises ont consacré plusieurs articles depuis l'été 2011 à la chapelle et à l'action du CERCTL. France 3 lorraine dans son émission « Lorraine magazine » du 19 octobre 2011 et Mirabelle TV dans son journal régional du 16 octobre 2012 nous ont également offert une tribune pour défendre ce projet et appeler à son soutien.


Bien que depuis la création de l'association, nous n'ayons pu agir directement
 sur le bâtiment faute d'en être propriétaires, nous avons consacré notre travail et nos énergies à faire connaître le lieu mais aussi et surtout à nouer des contacts avec les partenaires potentiels. En premier lieu, nous avons toujours recherché et évalué les différentes solutions techniques en lien avec le STAP (service territorial de l'architecture et du patrimoine) de Meurthe-et-Moselle qui nous a assuré de sa participation à hauteur de 20% des travaux.
Nous avons également pris contact avec la commune de Toul, la communauté de communes du Toulois, avec M. Potier, le député de la circonscription de Toul, avec le sénateur de Meurthe-et-Moselle Philippe Nachbar, membre de la commission culturelle du Sénat, avec le Conseil Général et le Conseil Régional, pour les sensibiliser à l'urgence de la situation et solliciter de leur part l'attribution de fonds d'intervention exceptionnels. Ces démarches commencent à porter leurs fruits puisque depuis le 6 décembre 2012, l'association a reçu l'arrêté attributif de subvention de la DRAC pour un montant de 21085€. Au niveau des organisations privées, nous avons signé le 17 novembre 2012 avec la délégation départementale de la Fondation du Patrimoine, une convention pour la mise en place d'une souscription publique. Cette dernière nous permet de faire bénéficier les donateurs de l'avantage fiscal lié aux dons en faveur du patrimoine (66% pour les particuliers et 60% pour les entreprises). La fondation nous apporte également une subvention à titre exceptionnel et dérogatoire de 20000€. Elle nous permettra également de bénéficier de ses contacts et de ses partenariats avec d'importants mécènes nationaux et internationaux. Nous solliciterons également l'Association pour la Sauvegarde de l'Art Français, la Fondation du Crédit Agricole pour le Patrimoine ainsi que deux fondations américaines, la French Heritage Society et le World Monuments Fund. Enfin, une communication régulière sera maintenue à destination du public pour maintenir et développer sa participation au projet.

Grâce à l'implication et au long travail de recherche effectué bénévolement par Me PERSON, notaire à Toul, l'ensemble des ayants droit de ce bien ont pu être retrouvés et l'historique des successions depuis 1938 établi. De plus, la totalité des héritiers a accepté de signer une lettre d'intention dans laquelle il s'engagent à céder la chapelle pour l'euro symbolique, si l'acquéreur accepte de prendre à sa charge le coût de la régularisation des successions non réglées à ce jour. Elles sont au nombre de six, pour un coût unitaire estimé entre 750 et 800 €. Cette opération s'élèverait donc tout au plus à 5 000 €.
Cet accord de principe est une avancée importante dans la mesure où les précédentes tentatives de rachat s'étaient soldées par un échec en raison de désaccords entre les différents propriétaires.
Il semblerait que ces derniers aient pris conscience de la gravité de l'état de la chapelle et du fait que le coût de la sauvegarde de l'édifice n'était plus à leur portée.
Depuis mars 2012, le bureau du CERCTL a reçu pouvoir de l'assemblée générale afin d'engager officiellement les démarches d'acquisition auprès de l'étude notariale. Cette dernière a adressé douze procurations aux ayants droit. Le 6 octobre 2012, l'ensemble des procurations ont été retournées à l'étude permettant donc de signer l'acquisition.
Le 17 novembre 2012, cette étape capitale fut franchie par la signature électronique de l'acte de cession en l'étude Person & Bodart. Cet événement fut l'occasion de réunir autour d'une table ronde l'ensemble des acteurs concernés par ce dossier ainsi que la presse locale.

L'état préoccupant de la chapelle nécessite d'abord une intervention d'urgence pour laquelle des entreprises spécialisées ont proposé des solutions techniques. Par la suite, une fois que la structure sera sécurisée et placée hors d'eau, un plan de restauration pluriannuel sera établi en lien avec les services du patrimoine DRAC et STAP. Le financement fera appel à la souscription publique, à la participation de l'Etat, des collectivités territoriales, aux différentes fondations oeuvrant dans la protection du patrimoine et au mécénat d'entreprise.
Parallèlement, un plan d'animation sera mis en place. Ce dernier concernera bien sûr l'utilisation du bâtiment lorsqu'il sera restauré. Nous envisageons d'en faire un lieu culturel pouvant accueillir une exposition permanente sur le thème des ordres militaires en Loraine mais aussi proposer régulièrement des expositions temporaires thématiques, des animations, concerts et représentation théâtrales. Tout cela en relation avec le programme d'animation culturel de la ville de Toul.
Mais nous pensons également à l'animation du site tout au long des travaux. Nous souhaitons pouvoir y accueillir du public et des scolaires pour faire découvrir l'histoire du lieu mais aussi les techniques et les métiers de la restauration. A ce titre, des supports pédagogiques seront mis en place (panneaux, documents papier et supports informatiques) en concertation avec les services de l'éducation nationale.
Nous souhaitons aussi que cette période de travaux de restauration puisse être active et utile à la collectivité. Ainsi, nous envisageons un partenariat avec l'association REMPART afin de mettre en place des chantiers jeunes et des chantiers d'insertion sociale. Nous voudrions également conclure des partenariats avec des établissements d'enseignement des métiers du bâtiment et du patrimoine.
Nous estimons en effet que la préservation du patrimoine, son animation et son entretien représente une source d'activité économique non négligeable surtout dans ce secteur géographique durement éprouvé par la fermeture de l'entreprise Kleber.
Une part importante du travail consistera à reconstituer de la façon la plus exhaustive possible l'histoire du site. Pour cela, un partenariat pourra être envisagé avec les structures locales telles que le musée de Toul, le musée historique lorrain de Nancy le CHR ou l'université Nancy 2. Il est à noter que d'ores et déjà, Monsieur Michel HENRY, spécialiste de l'ordre du temple en Lorraine a rejoint notre association. Nous sommes heureux également d'avoir été rejoint par M. Nicolas BONNE, étudiant en Master I, mention Histoire de l’art et archéologie à l’Université de Lorraine à Nancy et passionné d’Histoire et d’édifices médiévaux. Il a orienté son sujet de mémoire de Master sur l’étude des commanderies templières lorraines, notamment la chapelle de Libdeau, et a entamé une analyse des liens entre la Terre Sainte et la Lorraine puis étudié l’implantation des Templiers dans la région.

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